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Dimanche 26 avril : entre Tinchebray et Condé-sur-Noireau

environs de Tinchebray

moulin de Frênes Le rassemblement à l’auberge Guillemin de Montsecret où Monsieur Villeroy nous a reçus devant une tasse de café accompagnée des succulentes pâtisseries de Jacky Frémine marque le départ de notre ballade concoctée par Serge Caprais.

Le temps était engageant, la première visite fut pour le moulin du Frêne, un très beau bâtiment dont le propriétaire Monsieur Lelièvre a su utiliser une collection de beaux granits pour reconstituer le canal d’amenée qui alimente la roue par-dessus. L’arbre de la roue constituée d’un axe de 16 cm habillé de bois entraîne une génératrice capable de produire environ 6 Kwh. La roue, remontée il a deux ans, occupe un emplacement un peu surélevé par rapport aux anciennes roues évitant ainsi le noyage. Notre groupe fort de cinquante cinq personnes a eu le plaisir d’accueillir Francis Rolland de St Germain-du-Crioult auteur d’un petit ouvrage sur les sites industriels de la région. Ses recherches l’ont conduit à s’intéresser aux moulins qui furent bien souvent à l’origine des usines : filature, tannerie, scierie et autre fonderie !

minoterie La deuxième étape fut pour le moulin de la Rochette à St-Pierre-d’Entremont, un petit moulin dans un cadre préservé qui n’a plus tourné depuis longtemps, un squelette de roue par-dessous rescapé signe par sa présence la fonction de ce bâtiment. A l’intérieur les mécanismes présents se sont lentement endormis, le bois a fait le régal des insectes xylophages ! Un nettoyeur à blé existe encore ainsi que la roue cage menée à mains d’homme qui servait à relever la meule à la verticale pour effectuer le rhabillage.

Une autre diversion de la meunerie nous attendait à Pont-Erembourg (commune de St-Pierre-du-Regard) : la minoterie Deslandes. Des bâtiments modernes jouxtant ceux de l’ancienne filature arrêtée en 1878 qu’Adolphe Deslandes boulanger à Flers de l’Orne transformait en minoterie en 1895. Les cinq quintaux par heure promis par le constructeur ne furent jamais atteints, il s’en suivit un procès gagné par le minotier. Que sont les 22000 quintaux du contingent de 1935 comparés aux 110 000 quintaux d’aujourd’hui ! La fabrication assistée par ordinateur, le laboratoire équipé d’appareils performants permettent aujourd’hui de produire 15 à 20 quintaux de farine par heure ! Malgré cela l’optimisme n’est pas de mise chez le propriétaire, l’avenir de la petite meunerie est incertain. Serait-elle reprise par les coopératives dont le slogan est "du champ au consommateur" ! La visite menée par Monsieur Guicheteau permet aux membres présents d’appréhender la conduite d’une minoterie moderne.

Le pique-nique s’installa tranquillement dans la cour du moulin.

A quinze heures, départ pour le moulin de Noron où toute l’ingéniosité de Noël Jeanne s’exprimait dans la moindre de ses réalisations. Nous commençâmes notre visite par la roue réalisée par ses soins : quatre mètres de diamètre alimentée par le dessus avec l’eau de source ! Elle entraîne maintenant un moteur, une petite impulsion électrique à l’aide de batterie et toc ! L’aiguille décolle. Une puissance de 4 kW permet de faire fonctionner... un récupérateur thermique ! Un petit tour par la forge où Noël expliqua la fabrication des clous forgés sur un très bel exemplaire de billot de cloutier. Ne parlons pas de ses lames de couteaux en acier ! Le clou de la visite trônait dans un coin du salon de la maison : la réplique du moulin cavier de la Herpinière (Anjou) au 1/10e. Du bel ouvrage ! Toutes les pièces de bois sont visibles, l’arbre des ailes et son grand rouet sont en place.

Ah le temps ! Une bonne averse et chacun regagnait son véhicule pour la dernière étape du jour : le Moulin Noir de monsieur Jouin à Tinchebray. Une belle roue refaite en 2008 pour le 400e anniversaire du moulin : une réalisation du propriétaire en hommage à ses ancêtres ! L’intérieur a été conservé, le mécanisme de la roue actionne une génératrice qui produit le courant électrique consommé par les radiateurs. Un éclairage mettait en valeur les objets anciens, un intérieur de manoir reconstitué nous transportait dans une période pas si lointaine que ça ! Le nom du Moulin Noir remonte à l’époque où celui-ci produisait du noir animal destiné à la fabrication du sucre de betterave.

Autour de la table dressée par la famille de monsieur Jouin chacun se restaura de petits gâteaux arrosés d’un bon verre de cidre ! Encore un dimanche des moulins trop vite passé. A quand le prochain ?

Bernard Van De Loock


le moulin de Frênes (61)

moulin de frênes moulin de frênes moulin de frênes moulin de frênes moulin de frênes moulin de frênes moulin de frênes moulin de frênes

moulin de la Rochette à St-Pierre-d’Entremont (61)

moulin de la Rochette moulin de la Rochette

minoterie Deslandes à Pont-Erembourg (61)

la minoterie la minoterie